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Photo de l’autriceMarie-Violaine Boutet4 min de lecture

Une charte d’usage de l’IA qui tient : l’écrire avec ceux qui l’appliquent

Dans beaucoup d’organisations, l’IA générative est arrivée par les usages individuels. Chacun s’est servi d’un assistant pour un courriel, une note, un tableau. La direction veut maintenant un cadre commun, et le réflexe est d’écrire une charte.

Le risque est connu : un document juste, validé par le juridique, et que personne n’applique. Une charte d’usage tient quand ceux qui l’appliquent ont participé à l’écrire.

Partir des tâches, pas des principes

« Ne pas confier de données sensibles à l’IA » : la phrase est vraie et ne sert à rien tant qu’on ne sait pas ce qu’elle veut dire pour un acheteur, une juriste ou un chargé de clientèle. Nous commençons donc par le travail réel. En atelier, chaque équipe liste ses tâches courantes : préparer, rédiger, classer, vérifier.

Pour chacune, une question : que confie-t-on à l’IA, comment vérifie-t-on, qui décide ?

Trois catégories suffisent

La charte classe ensuite les usages en trois catégories :

  • acceptable : l’usage est libre, avec les précautions habituelles ;
  • à encadrer : l’usage est possible sous conditions (données anonymisées, relecture obligatoire, outil autorisé par la DSI) ;
  • à interdire : ce qui ne doit pas passer par un outil d’IA.

La force de cette grille est d’être lisible. Un nouveau collaborateur la comprend en quelques minutes, et les cas limites se discutent à partir d’exemples concrets plutôt que de principes abstraits.

Dire ce qui reste humain

Une bonne charte ne parle pas seulement de ce qu’on interdit. Elle dit aussi ce qui reste aux personnes : fixer l’intention, juger, décider, assumer. Un agent prépare et propose ; une personne relit et valide. Écrire cette répartition, tâche par tâche, répond en grande partie aux inquiétudes sur les métiers.

La confidentialité, avec la DSI et le DPO

La charte fixe ce qu’on peut confier à l’IA, ce qu’on anonymise et ce qui reste hors des outils. Ces règles doivent être celles de l’organisation : elles s’écrivent avec la DSI et le délégué à la protection des données, pas à côté d’eux.

Écrire par vagues

Dans les grandes organisations, tout le monde ne peut pas être dans la même salle. Une méthode qui fonctionne : faire écrire une première version par un premier groupe, puis la confier au suivant, qui la reprend, la corrige et la complète. Nous l’avons pratiquée pour une charte managériale dans une administration en réseau, où plusieurs centaines de managers de proximité, accueillis en cohortes successives, ont repris tour à tour la version de la cohorte précédente. Le texte final appartient à ceux qui l’ont écrit.

Faire vivre la charte

Une charte d’usage de l’IA vieillit vite, parce que les outils changent. Elle gagne à être reliée à une feuille de route à 30, 60 et 90 jours, avec des responsables nommés, et relue lors d’un point de suivi. La formation des équipes y consacre un module : on n’applique bien que ce qu’on a pratiqué sur ses propres livrables.

Cette charte est l’une des étapes de l’accompagnement à la transformation agentique de Flow Design. Elle peut aussi naître d’un séminaire IA de direction.

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